21 septembre 2011

Sur la prostitution

Vous vous en souvenez peut-être, c'était il y a plus d'un an, en mars 2010. Chantal Brunel, députée UMP, ancienne porte-parole de l'UMP, avait provoqué au sein de l'actuelle majorité un mini-séisme en demandant la réouverture des maisons closes. Les journaux avaient embraillé sur le sujet au lendemain du premier tour des élections régionales, ce qui avait provoqué la fureur de Jean-Luc Mélenchon face à ahuri d'apprenti journaleux toujours prêt à embrayer sur tout et n'importe quoi pourvu que ça ne concerne pas l'argumentaire de son interlocuteur.

Depuis 2009 existe le STRASS, "syndicat  du travail du sexe", "indépendant et autogéré", qui réclame la dépénalisation pure et simple de la prostitution.

Enfin, tout récemment, j'ai eu l'occasion de mener un débat mouvementé avec des amis de gauche "bien-pensante" sur le sujet.

 

Il est temps que je donne en ces lieux mon opinion sur le sujet.

 

C'est clair, net et précis : je considère la prostitution comme une activité tendant à avilir la personne humaine.

 

Jusqu'à présent, pour tenter de me convaincre que la prostitution était légitime à être légalisée, on m'a régulièrement sorti trois arguments. Tous trois fallacieux.

 

  • On m'a dit que certain(e)s n'avaient pas le choix que de se prostituer pour survivre. C'est vrai. D'autres n'ont pas le choix de voler pour survivre. Va-t-on légaliser le vol pour autant ? Va-t-on le réglementer ? Certainement pas. S'il est évident qu'il faut faire preuve envers celui qui viole la loi pour défendre son existence de toute la mansuétude possible, et ne pas le considérer comme coupable de principe, il serait faux de penser que la résolution de sa situation trouverait source dans la légalisation de son état.
    C'est en réglant le problème social et seulement ainsi qu'on donnera au miséreux réduit aux plus extrêmes nécessités, contraint de voler, de se prostituer, ou pire encore, pour simplement survivre, une amélioration de sa condition.
  • On m'a aussi rétorqué que, et c'est vrai, il se trouve des individus qui trouvent avantage et satisfaction à se prostituer. Cet argument est plus fallacieux encore que le précédent. L'humanité est ainsi faite qu'il se trouvera toujours facilement les tendances les plus malignes soutenues sans contrainte par quelques individus.
    Va-t-on prendre prétexte du désir de certains d'être asservis pour rétablir l'esclavage ? Non. Ce n'est pas au bon gré de tel ou tel qu'il faut se référer, mais bien à ce que l'intérêt général commande. Mon opposition à cet argument est la même qui me fait rejeter l'idée selon laquelle il faudrait sanctuariser le contrat plutôt que la loi.
  • On a aussi souvent argué que la prostitution (pardon, "le travail du sexe") était "un métier comme un autre". C'est faux. Marchander l'usage de son corps n'est pas "un métier comme un autre". Un "métier comme les autres" marchande une force de travail, et non une disposition loisible d'un élément fondamental de l'intégrité individuelle.
    Que cela soit ou non librement consenti, la marchandisation du corps, c'est-à-dire d'une partie même de la personne, s'oppose aux droits les plus fondamentaux et les plus élémentaires de la personne humaine, droits qui sont inaliénables et imprescriptibles. Pareille situation ne peut être considérée comme ordinaire.

 

Le sens même de la civilisation est d'empêcher, y compris quelques fois contre leur gré, les êtres humains d'être avilis et exploités. C'est pourquoi je m'oppose à toute légalisation de la prostitution.

Commentaires

L'illégalité ou la légalité de la prostitution est d'une bêtise monumentale. ce qui est important dans ce combat, c'est de permettre d'éviter que des filles soit violés au travers des réseaux de maquereaux.

Comparer le viol et le vol, ne convient pas, le vol est une atteinte de la possession de l'autre non désiré, la prostitution peut être voulue par soi même, même si cette dernière reste rare dans les faits.

Ceux qui disent que la prostition est une atteinte fondamentale du corps, devraient aussi s'attaquer au manequinat dont on drogue et force des filles à devenir ultra maigre ( ce qui est très dangereux au niveau santé), forcer la chirurgie des seins et fesses pour avoir un travail et de quoi vivre, qui est un marchandage de son corps.

Mais bon, au final il est toujours facille de parler de situations qui seront et resteront en réalité diffcille à contrôler, en gros c'est de se permettre d'éviter le vrai problème

Écrit par : Erich Pereres | 22 septembre 2011

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Je crois qu'il y a une confusion de votre part. Je ne parle pas du viol.

Écrit par : Brath-z | 23 septembre 2011

Et c'est tout ce que vous avez à dire.

Au fait en France, la prostitution est légale, l'état en perçoit des impôts. Le racolage et les maisons closes par contre sont interdites. Mais dans les faits, elles existent quand même, si on regarde par exemple la Belgique qui a les même lois que nous.

Non, ouvrir des maisons de sexe, c'est donner un cadre légal salarié-employeur avec les RTT, les congés, les AT, les cotisations sécu et retraites. Et surtout avoir l'obligation du suivi médical

Écrit par : Erich Pereres | 04 octobre 2011

Ben c'est-à-dire que je n'ai pas compris en quoi votre commentaire concernait l'article. J'ai donc cru à une confusion de votre part.

Écrit par : Brath-z | 05 octobre 2011

Donc, c'est bien ce que je pensais, vous émettez une opinion, croyance ou idéologie. A cela je vous répondrais, vous avez raison et tord à la fois, puisque que l'on ne peut jamais et débattre sur ce type de pensée.

Écrit par : Erich Pereres | 07 octobre 2011

Ben disons que ce n'est pas par hasard que j'ai écrit : "Il est temps que je donne en ces lieux mon opinion sur le sujet", hein. Bien sûr que c'est une opinion.

Après, cette opinion se fonde sur un principe (que l'on peut contester, mais il faut l'assumer) et s'appuie sur des arguments rationnels.
Mais l'objet de l'article est surtout de contester trois arguments sortis ad nauseam par les partisans de la légalisation de la prostitution. Je suis un esprit ouvert, et si un jour on me fait connaître un argument valable en faveur de la légalisation de la prostitution, je l'examinerai avec attention. Mais comme jusqu'à présent les seuls arguments que l'on m'a sorti sont : "les prostitués n'ont pas le choix", "certain(e)s aiment ça" et "c'est un métier comme un autre"...

Enfin, je ment un petit peu quand je dis que ce sont là les seuls arguments que l'on m'a lancé. Il y en a un quatrième, encore plus terrible, encore plus fallacieux, que ces trois-là : "on ne peut pas faire autrement".
C'est ce que j'appelle faire appel au constat d'impuissance. Ma réponse à cela est : si l'on s'en donne les moyens, on peut faire bien des choses. On ne réussira peut-être pas, effectivement, à empêcher la prostitution (d'autant qu'elle peut prendre des formes détournées), mais ce n'est pas une raison pour l'autoriser. Malgré tous nos efforts, des vols, viols, meurtres, etc. continuent d'avoir lieu. On ne va pourtant pas partir de ce constat d'impuissance pour les autoriser, les réglementer, les encadrer.

"Bon, alors, j'ai encore 10 points viol sur ma carte, donc ça veut dire que je peux aller violer ma voisine encore une fois sans être inquiété". Huhuhu.

Mais comme je ne prends pas mes lecteurs pour des cons, j'ai estimé qu'il serait malséant de ma part de même mentionner cet argument. Notez que sur Agoravox, il y en a un qui me l'a ressorti, tout de même...

Écrit par : Brath-z | 08 octobre 2011

Je suis absolument d'accord avec ces réflexions.
J'ajouterais que les arguments en faveur de la prostitution sont soit des excuses (pour ceux qui y ont un intérêt pratique ou financier) soit sont la preuve d'une vraie méconnaissance de la problématique.
Si on se contente des médias, on peut penser que tous les avis se valent, puisqu'ils donnent autant de visibilité à la parole d'une prostituée qui se dit libre et heureuse qu'à des associations qui en voient des milliers par an, exploitées et détruites. Quant au témoignage de celles qui s'appellent elles-mêmes "des survivantes", ou bien les grandes études universitaires qui montrent sans conteste l'impact négatif de ce système sur les femmes prostitées, les femmes et la société, qui en parle?

J'ajouterais encore que organiser ou tolérer la prostitution, c'est bétonner la domination masculine, empêcher que notre société devienne égalitaire. Tant que, contre quelques billets, un homme peut, même si il ne le fait pas, acheter l'accès sexuel à une femme, il ne considèrera pas les femmes comme ses égales.

Écrit par : Lora | 22 septembre 2011

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Bonjour,

Je m'appelle Sandrine et je suis l'éditeur du site ESPRITS LIBRES : http://www.forumdesforums.com Esprits Libres est un magazine collaboratif (articles + commentaires) d'informations dédié à la société, l'actualité et la vie pratique. Je vous contacte, car j'ai découvert votre blog et je me demandais si vous accepteriez que nous publiions certains de vos articles dans le strict respect des droits d'auteur sous un compte dédié avec lien en source présent sous chaque article? Peut-être apprécieriez-vous de partager aussi vos opinions?

ESPRITS LIBRES est constitué à partir d'expériences et d'opinions de citoyens. Il est donc un espace éclectique ouvert à un large spectre d'opinions.

En espérant que ce message vous donne envie de découvrir esprits libres et peut-être d'y apporter vos expériences. Si Esprits Libres vous plaît, merci pour tout ce que vous ferez pour y participer nous aider à le faire connaître!

A votre disposition pour tout renseignement.
--
Sandrine Monllor

Écrit par : sandrine | 22 septembre 2011

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Bonjour,

Je ne connaissais absolument pas votre site Esprits Libres, mais j'en apprécie la démarche. Si vous souhaitez reprendre des articles pour les y publier, c'est avec grand plaisir que je vous y autorise. Les seules conditions que j'y mets sont que vous m'informiez préalablement (par message sur le blog, par exemple) quels sont les articles qui vous intéressent et que vous mentionniez la source (lien vers la page de l'article et lien vers le blog) en en-tête de l'article.

Cordialement,
Brath-z

Écrit par : Brath-z | 22 septembre 2011

Ben reprenons les trois points:
"On m'a dit que certain(e)s n'avaient pas le choix que de se prostituer pour survivre. C'est vrai. D'autres n'ont pas le choix de voler pour survivre. Va-t-on légaliser le vol pour autant ? "

C'est un mauvais exemple, le vol reste une atteinte à la liberté de l'autre le viol non

Le problème de prostitution reste surtout un problème culturel lié aux religions. La sexualité étant tabou par le religieux, elle a conduit à une idée néfaste de la sexualité et la prostitution n'en est que la face la plus visible.

Écrit par : Erich Pereres | 08 octobre 2011

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Mais bon sang, qui parle de viol ici ?! Certainement pas moi ! Je n'ai mentionné le vol que pour une seule raison : il est illégal et pourtant peut être nécessaire à la survie d'un individu.

Le viol n'est pas mentionné dans l'article. Cessez-donc d'y faire référence, car c'est un tout autre problème qui n'a absolument rien à voir avec la prostitution et qu'il serait insultant pour les victimes de viol de confondre avec. Merci.

Écrit par : Brath-z | 09 octobre 2011

" L'humanité est ainsi faite qu'il se trouvera toujours facilement les tendances les plus malignes soutenues sans contrainte par quelques individus."

Là aussi intervient une notion, du bien, du mal, du bon du mauvais. le vrai problème est plutôt à l'idée de liberté de faire les choses et d'en avoir la volonté.

"Va-t-on prendre prétexte du désir de certains d'être asservis pour rétablir l'esclavage ? Non."

L'esclavage est l'absence de liberté qu'on le souhaite ou non. la prostitution peut être libre ou non

" Ce n'est pas au bon gré de tel ou tel qu'il faut se référer, mais bien à ce que l'intérêt général commande."

L'intéret général reste une notion bien floue

"Mon opposition à cet argument est la même qui me fait rejeter l'idée selon laquelle il faudrait sanctuariser le contrat plutôt que la loi."

Comme déjà dit le contrat ne résoudra pas le problème de la prostitution, mais il permettra d'en réduire un certain nombre d'effets négatifs

Écrit par : Erich Pereres | 08 octobre 2011

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Oui, il y a une notion de bien et de mal. Non, ce n'est pas là une quelconque appréciation personnelle. Non, ce n'est pas relatif à une opinion ou à une culture. Non, cela n'a pas à être démontré. Et non, cela ne souffre aucun aménagement sous aucun prétexte que ce soit.

Et le parallèle avec l'esclavage est tout à fait adapté : dans un cas comme dans l'autre on prétend mettre à disposition d'autrui un élément fondamental de son intégrité : sa liberté dans le cas de l'esclavage, l'usage de son corps dans le cas de la prostitution

Quant à l'intérêt général, s'il peut vous sembler flou, il n'en est pas moins la SEULE orientation possible d'une politique. Et cela n'est pas une lubie : c'est très exactement, in fine, la seule justification de l'existence même d'un pouvoir politique, quelle que soit l'époque, quelle que soit la culture quel que soit le territoire que l'on examine.
C'est, du coup, une notion certes fluctuante et influencée par des usages, mais une notion on ne peut plus concrète.

Enfin, pour ce qui est de votre opinion sur la contractualisation, elle est exactement ce que je dénonce dans l'article : la tendance à légaliser une situation inacceptable alors même que le simple bon sens voudrait qu'on cherche à améliorer les choses plutôt qu'à les sanctuariser.
"Bon sang ! Il y a des massacres entre deux communautés ethniques ! Plutôt que d'interdire de massacrer, on va établir des contrats pour convenir de méthodes et de quotas de gens à tuer ! Ainsi, on aura au moins permit de rendre moins terrible la situation, et tant pis si ce faisant on s'interdit de la régler purement et simplement".

Le rêve ultra-libéral à l'œuvre. Le cauchemar de toute humanité.

Écrit par : Brath-z | 09 octobre 2011

"On a aussi souvent argué que la prostitution (pardon, "le travail du sexe") était "un métier comme un autre". C'est faux. Marchander l'usage de son corps n'est pas "un métier comme un autre". Un "métier comme les autres" marchande une force de travail, et non une disposition loisible d'un élément fondamental de l'intégrité individuelle."

Donc vous devriez être aussi contre les photos de charmes et autres

"Que cela soit ou non librement consenti, la marchandisation du corps, c'est-à-dire d'une partie même de la personne, s'oppose aux droits les plus fondamentaux et les plus élémentaires de la personne humaine, droits qui sont inaliénables et imprescriptibles. Pareille situation ne peut être considérée comme ordinaire."

Vous avez lu cela où?

Écrit par : Erich Pereres | 08 octobre 2011

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Je pense que vous avez du mal à lire. Ou du moins à comprendre ce que vous lisez.
La prostitution est la marchandisation d'une DISPOSITION DU CORPS. La vente de photographie de charme est la marchandisation d'un produit concret, une photographie. Il n'y a là aucune atteinte au corps, ni à aucun élément de l'intégrité humaine.

Et sinon, je n'ai lu cela nulle part. C'est une déduction logique de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, ainsi que de tous les autres textes proclamant les droits naturels de l'homme (DDHC 1793, DDHC 1848, DUDH 1948, etc.).

Écrit par : Brath-z | 09 octobre 2011

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